Monnaies gauloises trouvées à GAS
Les monnaies gauloises découvertes sur les deux sites ne semblent pas provenir de dépôts monétaires éventrés mais de pièces perdues isolément étant donné leur dispersion. La recherche en surface sur le site de la Grande Vallée à permis de découvrir trois monnaies, deux peuvent être attribuées aux Leuques (tribu de la région de Toul en en Lorraine). L'une est un denier d'argent portant au revers un cheval bondissant et un poisson, l'autre un potin dont le revers figure un sanglier. La troisième monnaie est un potin cassé de provenance indéterminable. La présence de monnaies de tribus éloignées pose toujours quelques questions, surtout lorsqu'elles ne proviennent pas de trésors.
Les échanges commerciaux entre peuples gaulois étaient déjà fort développés au premier siècle avant JC. Les voies fluviales étaient des axes prépondérants. Les vallées de la Loire, de la Seine et de leurs affluents permettaient aux Carnutes de nombreux échanges commerciaux avec leurs voisins. Pendant la guerre des Gaules, les contacts et la circulation entre les différentes tribus étaient fréquents d'autant que les Carnutes ont été parmi les fomenteurs de révoltes. Des négociants de toutes orignes pouvaient être installés dans ou près des villes, même les citoyens romains puisque César cite, dans son récit sur la guerre des Gaules, le massacre par les Carnutes de tous les négociants romains vivant à "Orléans". La vengeance de César sera terrible puisque la population de la ville sera plus tard massacrée.
Les second site a révélé onze monnaies. L'une d'argent, un denier bien conservé, attribué aux Santons de Saintes (Charente maritime). Une monnaie en bronze attribuée avec certitude aux Carnutes (Chartres), faisant partie de la série à l'aigle. Quatre autres bronzes, faisant partie de la série des Pixtilos, avec inscription correspondant certainement au nom de leur chef, que certains auteurs attribuent aux Carnutes, d'autres aux Aulerques Eburoviques de la région de Dreux. Pour les cinq autres monnaies, ce sont des potins très abîmés. Trois sont attribuables également aux Carnutes, les deux autres sembleraient appartenir aussi aux Aulerques Eburoviques, dont l'une d'entre elles possède sur son revers un loup ailé.
N.B. Les potins sont des monnaies coulées et non frappées avec un coin monétaire. Pour ce faire, l'alliage de métal doit permettre un état liquide à une température plus basse, pour entrer dans le moule. Malheureusement la qualité de la monnaie est, dès l'origine, mauvaise et l'altération due à l'alliage très rapide. Pour les monnaies en bronze ou en argent, plus les monnaies sont anciennes et plus leur état est globalement satisfaisant. En fait la raison en est simple : la pureté des métaux. Plus on avance dans le temps plus le pourcentage d'alliage augmente, et plus le potentiel de qualité de conservation diminue.

Il est a noter que sur quatorze monnaies gauloises trouvées sur la commune de Gas, Quatre sont attribuables avec certitude aux Carnutes, six autres aux Aulerques Eburoviques. En raison de nos connaissances lacunaires, les limites des cités gauloises ne peuvent être fixées avec précision. La position frontalière de la commune de Gas est intéressante en tous points. Cinq des six monnaies Aulerques ont été trouvées dispersées dans le site près de l'étang, les quatre autres monnaies Carnutes ont été trouvées, plus haut, au nord-ouest de l'église. Cela veut peut-être dire que d'une part, nous avons affaire à deux époques distinctes d'implantation sur la commune, d'autre part que la limite entre les deux peuples a dû varier au cours du temps, Gas se trouvant tour à tour, au cours du temps, sous la domination de deux tribus.